Las Vegas et la gestion de l’eau

Las Vegas se trouve en plein désert.

Si les sources présentes sur place ont permis la création de la bourgade au début du 20ème siècle, elles se révèlent totalement insuffisantes pour les millions d’habitants et de visiteurs d’aujourd’hui.

Quelques articles très intéressants sur les efforts tentés depuis de nombreuses années et des perspectives très alarmantes pour la ville qui fournit 80% des ressources du Nevada. (articles un peu anciens mais ça ne s’est guère amélioré depuis)

Las Vegas et sa gestion judicieuse de l’eau (Makingwaves)

GESTION DE L’EAU : LE CAS LAS VEGAS (Ameriscape)

Las Vegas au régime sec (Géo)

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USA : qui sont les héros aujourd’hui ?

Huit mois que nous sommes ici.

Nous n’avons évidemment pas fait le tour de la société américaine.

Toutefois, une chose nous frappe : c’est la volonté de ne RIEN changer.

Je sais, changer est risqué; changer est inquiétant; changer veut souvent dire avant qu’on ait changé « perdre quelque chose ».

Ce n’est pas propre aux USA.

C’est humain.

Mais ici, être Américain, c’est un certain nombre de choses pour lesquelles les gens se sont battus : certains sont sortis de la pauvreté, certains (beaucoup) voudraient en sortir; certains ont abandonné leur famille, ont franchi des frontières, légalement ou pas et tous ont le rêve américain.

La maison, la grosse voiture, avoir du fun, de la douceur (manger sucré…), dépenser sans compter, ne pas payer d’impôts, …

Qui pourrait leur en vouloir ?

D’autant que tout les pousse à ça.

Nous sommes très critiques par rapport à leur mode de vie, mais ils n’en connaissent pas d’autre et on le leur fait miroiter sans cesse.

Quand on n’a pas d’autres références, il est difficile d’imaginer autre chose que ce qu’on veut nous faire voir.

Les lobbies sont à l’oeuvre : pour les armes, pour le sucre, pour…, pour…

Et ils sont très puissants.

Alors du coup, changer ?

Très difficile

Tout ça pour mettre en perspective les manifestations monstre anti-guns d’hier, samedi 24 mars 2018.

D’aucuns diront que ce n’est pas la première fois.

Peut-être

Je n’ai pas de recul sur les mouvements sociaux américains de ces dernières années mais ce qui frappe, c’est que ce sont surtout de très jeunes gens qui manifestent.

Ce qu’ils disent au fond, c’est que les adultes n’ont rien fait et ne font rien pour les protéger; ils parlent, ils prient, ils descendent les drapeaux à mi-mât, mais ils ne font rien ou pas assez, ou pas assez bien pour protéger les élèves et les étudiants dans les écoles.

Et ils veulent que quelque chose change.

Waooowww ! Dans le pays où personne ne veut rien changer, ça c’est fort et ça devrait alerter les politiques.

Ces mêmes politiques qui essayent de discréditer ces mouvements en disant qu’ils sont manipulés par l’extrême gauche, que leurs leaders sont en fait des acteurs payés pour ça…

Peut-être que ces jeunes gens sont les héros d’aujourd’hui, en osant être à l’envers de ce que tout une population affiche : « Surtout ne changeons rien ! »

Enfin, moi je dis ça, sans doute parce que j’aimerais trop que ça bouge ici, parce que je pense que ce pays vaut mieux que ses dirigeants en font.

Mais sans doute qu’au fond, je me trompe lourdement, que rien ne changera et que ce pays continuera à s’enfoncer dans la décadence.

On voit toujours midi à sa porte, dit-on.

Certainement suis-je trop connecté à midi d’un point de vue français, avec huit heures de décalage horaire et tellement de différences culturelles de décalage aussi…

A lire aussi

Le Monde

Le Figaro

Libération

 

Le secret sur l’antigel enfin dévoilé

Nous nous posions la question depuis longtemps.

Comment font-ils ?

snow and Uthan people 05

Cliquer sur l’image ci-dessus pour voir quelques autres spécimens d’américains freeze-proofed.

Nous, nous sommes emmitouflés jusqu’aux oreilles et certains d’entre eux semblent résister aux températures extrêmes particulièrement vaillamment.

Comment font-ils ?

Ma première hypothèse était de penser que ces descendants de pionniers pouvaient résister au même titre que leurs ancêtres : ici, je l’ai déjà dit, les cimetières de villages montrent abondamment que la mortalité infantile était terrible et donc que seuls les plus costauds survivaient.

Belle théorie mais qui ne tient pas parce que parmi les résistants au froid, on trouve des habitants de l’Utah non descendants de pionniers de la première heure.

Alors quoi ?

Une volonté de fer ?

Peut-être mais ici, comme ailleurs, mais peut-être plus ici qu’ailleurs, il ne faut pas souffrir; il faut que les choses soient faciles, et ne coûtent pas.

Encore fausse route donc.

Toutefois je crois que j’ai enfin trouvé : c’est l’antigel !

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Bingo !

Ils pourraient le boire… Ici, il y a tellement de choses trafiquées dans la nourriture qu’un peu plus un peu moins…

Mais non !

La réponse était sous nos yeux :

La piscine !

Tout simplement !

Tout le monde en a une ! Ou presque ! Et tant pis pour les problèmes d’eau.

La piscine ne gèle jamais, même par les températures les plus basses que nous ayons eues ici.

Jamais !

Il leur suffit de se tremper dedans régulièrement et hop ! Le tour est joué !

Simple mais il fallait y penser !

Un petit bain dans l’antigel et hop, paré pour les basses températures.

Surtout que c’est quasi sans danger pour le baigneur. En tout cas au printemps ! C’est écrit sur la notice. Si c’est écrit, c’est que c’est vrai.

Bon, pour le baigneur hivernal, on ne sait pas. Mais de toutes les façons avec ce qu’ils mangent…

 

USA et le culte du héros – suite

Trois amis ont contribué au blog en commentant l’article. Je les en remercie grandement. Je mesure en les lisant combien je ne réalisais pas tout à fait l’importance pour chacun du mythe du héros. J’avais oublié la nécessité du héros pour chacun de nous et la multiplicité des héros : pour certains, Bruce Willis, pour d’autres Mère Térésa…

Merci pour ces versions complémentaires du « héros ». L’histoire et les histoires regorgent de héros. C’est dire si nous en avons besoin. Comme vous le dites, chacun de nous a besoin de s’identifier à un héros.

Dans ma classe, chez les filles, c’est Katniss Everdeen, l’héroïne des Hunger Games qui emporte le palme. Et elle peut être une véritable héroïne, fragile, forte, déterminée, en proie au doute, et vainqueur.
Un héros doit vaincre. Et Katniss est un vainqueur. Mais à quel prix…

Sans aucun doute, l’Histoire et le quotidien comptent bien davantage de gens fragiles et forts, déterminés et en proie au doute, qui auraient pu être des héros mais qui ont été broyés et vaincus.

Ce qui me semble important aussi, c’est que personne n’ignore le besoin humain de héros. Et on peut vouloir nous manipuler grâce à ces héros; il est tellement facile de nous fournir des héros bien arrangeants qui nous pressent de devenir comme eux, par les films, par la propagande. Il est important de se méfier de ces héros pré-fabriqués, ou trop magnifiés, encensés par le pouvoir ou l’industrie cinématographique.

Nous avons tous des livres fétiches, des livres fondateurs, des livres qui ont compté et qui comptent toujours dans notre vie; en ce qui me concerne, l’un d’entre eux s’appelle « Un homme véritable » de Boris Polevoï; l’histoire d’un aviateur soviétique, abattu, qui perd ses deux jambes et qui, a force de courage et de volonté, parviendra à repiloter, non seulement un avion, mais un avion de combat pour reprendre la lutte pour l’Union Soviétique. Clairement, ce livre était un livre de propagande, à la gloire de l’Homme Soviétique.
Néanmoins, l’histoire et le combat de cet homme ainsi que d’un autre homme rencontré à l’hôpital m’ont toujours fasciné. J’ai dû lire ce livre dans la bibliothèque de mon père à 14 ou 15 ans. Le côté propagande m’est clairement passé au-dessus; en revanche, le combat quotidien de ces deux hommes pour ne pas céder, pour conserver leur dignité m’ont énormément marqué. Par chance, je n’ai pas eu à affronter de douleurs physiques particulièrement horribles mais encore aujourd’hui ces deux hommes comptent pour moi dans leur lutte quotidienne.
Cet Alexeï Meressiev est toujours considéré comme un héros dans la Russie d’aujourd’hui. Comme un héros du peuple russe. Personnellement, je ne le vois pas comme ça, mais il est un de mes héros favoris.

Comme le disait Jean, la lecture peut nous faire rencontrer, lentement, des héros qui certes vaincront, mais souvent à un coût élevé, et toujours avec ce challenge : vaincre leur humanité.
Les contes jouent ce rôle aussi.

L’avantage des contes et des récits épiques, c’est qu’il y a tellement de héros qu’il n’y a que l’embarras du choix. Les contes et récits épiques sont les « supermarchés » du héros et ça c’est génial : il appartient à chacun de choisir, non pas AUQUEL, mais AUXQUELS s’identifier.

Une décision qui n’appartient qu’à chacun, qui peut varier avec le temps, l’âge qu’on a, les expéreinces qu’on a traversé. VIVE LA LIBERTE.

 

USA et le culte du héros

Après la nouvelle tuerie de masse en Floride, reviennent les mêmes questions, les mêmes discours, les mêmes prières, les mêmes atermoiements, les mêmes drapeaux à mi-mât.
Parmi les « solutions » avancées, il en revient une qui permettrait de ne rien changer ou presque : et si les enseignants ou le principal avaient été armés, est-ce qu’ils n’auraient pas pu arrêter ce fou ?
Parce que, comme d’habitude ici dans les commentaires de nombres de politiques,  le problème ne peut évidemment pas être la prolifération des armes. Le problème ne peut pas être que cet individu ait pu se procurer tout à fait légalement cette arme. (Pour rappel, la consommation d’alcool est interdite en dessous de 21 ans en Utah pour protéger la jeunesse MAIS il est légal d’acheter une arme semi automatique en dessous cet âge.)
Non, le problème, c’est la folie. Uniquement la folie.
Ici l’American Heroe envahit les écrans, les jeux. Il sauve des millions de fois par jour la planète, l’American Way of Life, la veuve et l’orphelin, la liberté. Sans doute, tant qu’à faire, pourrait-il sauver aussi les élèves de tous les fous…
Les américains ont leurs héros mais ils ne sont pas les seuls à avoir leurs héros.
Comme tous les gens du monde, et en particulier comme tous les jeunes du monde, ils ont affaire avec quantité de héros dans les films, les jeux, les lectures…
Mais quel est ce héros ?
Il serait intéressant de leur demander quelle représentation ils ont du « héros ».
Il y a fort à parier que ce héros est a minima
– très puissant physiquement
– inoxydable (il en prend plein la tête mais ça va toujours)
– plutôt intelligent et plein de ressources
– sans doute très beau
– vainqueur des « méchants »
Pour moi, l’archétype même du « faux héros ».
Un héros, c’est quelqu’un qui fait envie, à qui on a envie de ressembler. Et certes, ils ont sans doute envie de ressembler à ces héros-là.
Est-ce possible de devenir ces héros-là ?
Non bien sûr
Trop inatteignables comme héros
heros
Alors et les héros de contes ? ou d’épopées ?
En quoi sont-ils intéressants ?
Déjà, dans beaucoup d’histoires  ne sont que les plus petits, les moins malins (en apparence), ceux dont on dirait au départ qu’ils ont le moins de chance de succès. Et pourtant…
Ces types de héros minuscules, non seulement disent que n’importe qui peut être un héros, mais que les bannis, les faibles, dont ils sont une allégorie, peuvent avoir leur revanche sur les puissants.
Et souvent, ils tirent leurs « pouvoirs » de leurs qualités propres; souvent ils rencontrent quelqu’un à qui ils rendent service et reçoivent quelque chose en échange. Et ce n’était pas facile de faire ça: donner son dernier morceau de pain, à une vieille femme très laide, ce n’est pas évident.
De plus, dans les histoires, ce sont les seuls à faire ça; leurs prédécesseurs avaient les mêmes opportunités mais ils ne les ont pas saisies.
Comme dans toutes les histoires, ils vivent plusieurs épreuves et s’en sortent pour partie seulement avec les pouvoirs magiques gagnés lors des rencontres. La principale des épreuves est toujours la même : se vaincre soi-même : vaincre son égoïsme, sa peur.
Est-ce que les héros de films font montre de ces qualités ? A ma connaissance pas souvent.
Du coup, ce type de héros est atteignable; on peut lui ressembler.
Il y a aussi les super héros, ceux des épopées.
Alors eux sont très puissants pour le coup.
Je pense à Ulysse ou à Gilgamesh.
Mais eux aussi sont des héros atteignables, non pas pour leurs pouvoirs ou leur force mais pour leur humanité.
Gilgamesh au fond est un sale type, qui ne pense qu’à montrer sa force en défiant les dieux mais la mort d’Enkidu va le toucher au plus profond de lui-même : il va refuser la mort de son ami et faire tout ce qu’il peut pour vaincre la mort; et il va perdre ce combat.
C’est un véritable héros quand il devient humain, quand il n’est plus tourné uniquement que vers lui-même, quand il a de l’affliction, quand au lieu de chercher à se venger, il est tourné vers son compagnon défunt.
On peut ressembler à Gilgamesh sur cette partie-là.
Dans un tout autre registre, il y a le Christ, qui est une tout autre sorte de héros pour une partie des humains.
De par sa nature divine, il pourrait avoir des super pouvoirs.
Mais dans son histoire, il aura à vaincre la tentation d’échapper à son destin, à la souffrance, à la mort.
Dans son histoire, il aura peur.
C’est sa part d’humanité qui fait invitation à lui ressembler pour qui croit en lui.
Et sans doute qu’il existe d’autres histoires semblables avec des héros tellement humains qu’on peut tenter d’être comme eux.
Quoi de plus normal que de chercher dans les héros quelqu’un à qui s’identifier.
Alors attention à ne pas se tromper de héros.
Qu’est ce que pourrait-être un héros d’aujourd’hui ?
Peut on considérer par exemple qu’Emma Gonzalez, la jeune rescapée de la tuerie de masse en Floride qui a pris la parole contre Trump et contre l’establishment pro guns est une héroïne ?
Pour plus de détails sur cette jeune femme et sa prise de position, consulter cet article sur Libération :
Fusillade en Floride: Emma Gonzalez, la lycéenne qui veut «changer la loi» sur les armes
http://www.liberation.fr/planete/2018/02/18/fusillade-en-floride-emma-gonzalez-la-lyceenne-qui-veut-changer-la-loi-sur-les-armes_1630595

Et si le Far-West était encore là, même dans la nourriture ?

Au tout début, j’avais remarqué qu’ici tout était gros. Je ne pouvais imaginer à quel point.

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Ce qui est intéressant, c’est d’être à la fois dedans ET du point de vue de l’observateur.

Bien entendu, il est toujours plus facile d’aller voir la paille dans l’œil de son voisin…

Puissions nous être aussi curieux et « critiques positifs » quand nous serons de retour.

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Le fils d’amis d’Aix Les Bains, qui est pompier aux USA, fait le constat qu’ils ont énormément d’interventions pour des problèmes liés aux maladies cardio-vasculaires, clairement liées à la nourriture. Il dit qu’au US, par rapport à la bouffe, ils ne remettent rien en question car c’est culturel d’après lui. Une fatalité qu’il faut admettre.

La mal-bouffe serait donc culturelle…

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Le ranch des poulets sans os.

J’avoue que je ne sais quoi penser du côté « culturel ». Pourquoi des quantités aussi importantes, pourquoi malgré les apparences une grande uniformité et une toute petite variété des produits, pourquoi autant de sucreries ?

Ce qui me vient et je crois l’avoir écrit dans le blog ou bien c’est dans un article à venir, c’est qu’ils ne sont jamais vraiment sortis du far-west.

Du temps de la conquête :

Ils n’avaient pas grand chose à manger.

Il n’y avait pas une immense variété (sauf en Californie sans doute, mais ils ont vraiment dû parcourir du chemin avant d’arriver là).

Pour la plupart, c’étaient des pionniers issus de pays où on crevait de faim et où bien souvent la variété n’était pas au rendez vous non plus.

Ils avaient tous une vie plutôt amère avant d’avoir trouvé où s’installer (et peut-être même après, en témoignent dans les petits villages isolés toutes ces tombes de tout petits, morts très tôt ou même à la naissance).

D’où peut-être des gens qui se sont remplis pour compenser tout ça, des gens qui ont eu besoin de douceurs, et donc des habitudes alimentaires d’aujourd’hui qui viennent de loin.

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Ok, laquelle ça va être aujourd’hui ? Laqueelllllle ça va être aujourd’hui ?

Psychologie alimentaire de bar tabac de ma part ?  Peut-être,  mais je pense sérieusement que le far-west n’est jamais loin.