En route pour Green River

C’est l’hiver.

Noël vient de passer.

Avec Julia, nous nous dirigeons vers le sud.

Mais ça n’a pas été toujours l’hiver. Et comme nous l’a dit très justement notre ami conteur, Jany, nous sommes à trois mois du printemps.

Raison de plus pour partager quelques moments de pur bonheur cet automne dernier. Il faisait beau et bon. Les habitants de la vallée de Salt Lake pensaient déjà à la neige et l’appelaient de leurs voeux. Nous non.

C’était au moment du Fall Recess, les quatre jours de vacances que tous les écoliers américains ont au mois d’octobre.

Nous n’avions pas anticipé et nous avons eu du mal à trouver un hôtel proche des grands parcs du sud de l’Utah. Mais nous avons fini par trouver et nous voilà en route pour Green River, à l’intersection entre la route qui vient de Salt Lake City et de l’hyway qui permet de joindre Las Vegas à Denver à l’est au Colorado.

S’il y a eu un temps de la splendeur à Green River, c’est il y a longtemps. Du coup, la ville n’a d’intérêt que ce côté hors du temps avec des autrefois beaux hôtels, s’ils l’ont été.

Ce qui est intéressant ici, pour moi, ce sont les camions. Ils sont très nombreux à faire halte ici. L’occasion de refaire le plein et de se restaurer. Nous n’avons pas trop le temps de discuter avec les gars de la route. La nuit ne tardera pas. Une autre fois sans doute.

Je repense inévitablement à un certain Phantom 309 et à la chanson de Tom Waits.