Arches

Jour 4 Retour à Arches National Park

Nous en avons tellement entendu parler que nous ne pouvons manquer d’y retourner. Et comme, il est impossible de tout faire d’autant qu’il nous faut retourner le jour même à Salt Lake City, c’est-à-dire à 7 heures de route de là, il nous faut faire un choix.

Ce sera Delicate Arche, le symbole de l’Utah.

Le temps est plaisant. La montée quoique raide assez plaisante. Nous ne sommes pas seuls. Mais c’est très acceptable.

Et nous arrivons à l’endroit mythique.

L’endroit est vraiment particulier. Pas à couper le souffle mais c’est un petit miracle de la nature. Pas de ticket, mais il faut tout de même attendre son tour pour poser sous la célèbre arche.

Lorsque nous redescendons, nous contemplons quelques pétroglyphes des indiens Utes (prononcer youtss) qui ont donné leur nom à l’Utah. Belle reconnaissance, posthume pour la plupart des précédents habitants. c’est le moins qu’on pouvait faire après leur avoir tout pris.

Ci-dessous quelques articles intéressants sur ces tribus oubliées.

Wikipedia

Wikipedia 1024px-Utes_chief_Severo_and_family,_1899

Les nations indiennes

Guerre des Utes

Universalis

une-chefs-indien

1879 guerre des Utes

Ute_delegation Les nations

Heureusement, c’est de l’histoire ancienne; une époque révolue; et maintenant, tout va bien; personne ne se permettrait ça aux jours d’aujourd’hui, surtout sans demander pardon.

Désolé de commencer 2018 sur cette note un peu sarcastique.

2018 est là. Ce sera sans doute mieux…

Nous souhaitons à chacun une merveilleuse année. Que la lumière emplisse la vie de chacun. Halte aux tristes sires ! Stop à tous les dangereux ! Notre planète et les gens qui en sont les locataires valent bien mieux que ça.

 

Canyon Lands

Jour 3 dans le Grand Ouest

Il y a des endroits dont on a entendu parler. Des endroits dont on a vu des photos. Lorsqu’on les voit en vrai, il peut arriver qu’on soit déçu. Ou bien qu’on n’en revienne pas tellement les photos ne peuvent rendre le lieu.

Deuxième case.

Canyon Lands, impossible de se rendre compte de la magie de l’endroit.

Désolé !

Même en panoramique, une photo ne rendra jamais qu’environ 120 à 140°. Nous avons une vision à 180° sans bouger et quand on peut bouger dans toutes les directions et qu’à chaque fois l’oeil est éberlué par ce qu’il voit… Là c’est magique !

Une seule solution ! Il faut venir.

Là !

A Canyon Lands.

Il y a plusieurs secteurs. Nous sommes allés à « An island in the sky ». Une île dans le ciel. C’est tellement vrai. Tout un programme.

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Je me suis avancé en premier jusqu’à la barrière, jusqu’au choc !

Et puis j’ai appelé Linda qui prenait des photos en arrière. Je lui ai dit qu’elle n’avait encore rien vu. Elle s’est approchée et comme on dit ici, ça a été du « jaw-dropping ». La mâchoire qui tombe.

Je n’ai malheureusement pas filmé la scène lorsqu’elle est arrivée à la barrière mais grâce à Tex Avery, on peut avoir une idée de l’effet « jaw-dropping » sur Linda.

Parce que voilà, seulement en photo et pas en vrai désolé, ce que l’on voit.

Problèmes de mâchoire et d’exorbitation pour d’autres que Linda ?

Nous comprenons.

Et descendre là. Tout en bas. J’adorerais. Mais il paraît que chaque année des gens se perdent là, tout en bas. Il vaut mieux y aller à deux véhicules. En bas, pas de réseau, pas de téléphone, pas de dépanneuse en cas de panne… L’aventure est possible.

Certains la tentent.

Nous sommes restés jusqu’à la nuit.

Encore sur notre faim.

 

Bon dernier jour de 2017.

A tout bientôt en 2018.

Tuerie à Sutherland Springs Texas

Mill Fork Cemetery

Un petit cimetière blotti dans un canyon de rien, pour un village de rien, perdu au milieu de rien.

Quelques tombes, aux noms souvent identiques.20171019_130252

« Clara Louisa, combien tu nous manques. Mais comme ce sera doux, oui combien ce sera doux quand nous te retrouverons , là haut au Paradis, où nous ne serons plus séparés de toi.

Avec son lot d’enfants, morts très tôt.

Ils ont souvent une très belle expression ici : nous dirions « mort né »; ils disent « still born » (encore nés ou toujours nés); c’est beau…

De passage dans ce coin, nous nous sommes arrêtés et aussitôt cet endroit m’a fait pensé à une chanson que jadis, les compagnons de la Chanson et Edith Piaf avaient interprêtée.

« Les trois cloches ». L’histoire d’un garçon qui naît, se marie et meurt dans ce petit coin de vallée. Ils avaient appelé leur héros « Jean-François Nicot ».

Article trouvé sur Yahoo : Les Trois Cloches a été écrite en 1939 par Jean Villard-Gilles, originaire du pays Vaudois, et interprétée par Edith Piaf et les Compagnons de la Chanson en 1945. Cet article de Bernard Léchot de SwissInfo (le guichet suisse d’information) fournit ces explications sur la genèse de la chanson : 

Dans le Jura français, entre Champagnole et Lons-le-Saunier se trouve le village de Baume-les-Messieurs, entouré de falaises de calcaire, et dominé par un belvédère. 
C’est de celui-ci, alors qu’il se rendait à Paris en voiture, que Jean Villard-Gilles aurait eu l’idée de sa chanson. Trois cloches pour dire une vie, le baptême, le mariage, la mort. 

Cette chanson sur le sens de la vie raconte l’histoire de Jean-François Nicot, du berceau à la tombe. On trouve sur ce site de fans des Compagnons de la Chanson des photographies du caveau de la famille Nicot prises à Baume-les-Messieurs ainsi que quelques anecdotes sur la chanson : 

« Il vous faut élargir votre répertoire, chanter des chansons d’aujourd’hui et pas des chansons folkloriques, des chansons dans lesquelles les gens pourront se reconnaître, vivre leurs histoires et pleurer avec vous. Comme celle que Gilles* nous a chantée hier soir. On dirait qu’elle a été écrite à votre intention… ». C’est de cette façon qu’Edith PIAF parvint à attirer l’attention des Compagnons sur Les trois cloches même si les réactions très dubitatives des uns et des autres laissaient supposer que certains d’entre eux n’étaient pas convaincus de tenir là le succès qu’Edith appelait de tous ses voeux. Il fallut attendre que Marc HERRAND parvienne, comme il l’a si bien dit dans La route enchantée, à faire sonner les voix des Compagnons comme des cloches pour que l’on prenne conscience du potentiel du titre. Chacun sait quelle carrière firent ensuite Les trois cloches après avoir été consacrées grand succès en France en 1946. Ce que l’on sait moins, c’est que l’idée de la chanson prit corps à Baume-les-Messieurs, dans le Jura et plus exactement dans un cimetière où avaient été ensevelis Jean Nicot et son épouse Louise, des noms que l’auteur changera en Jean-François Nicot et en Elise s’aidant au passage, pour trouver les autres paroles, de la Bible et de l’extrait de Saint-Pierre l’Apôtre (1, 24-25). Mais que d’anecdotes avec Les trois cloches… Hubert LANCELOT dans « Nous les Compagnons de la Chanson » admet même qu’il est arrivé à Fred MELLA, lors de certains tours de chant, de faire mourir Jean-François Nicot avant son mariage et que, lorsqu’Edith leur avait présenté le bébé, Jean-Louis JAUBERT, avec son humour habituel, avait craint que le public prenne les Compagnons pour… neuf cloches !

Personnellement, je préfère la version des Browns; pour moi tellement plus nostalgique et surtout avec un héros qui s’appelle « Jimmy Brown »; que faire de mieux et de plus banal que Jimmy Brown (le brun) ?

Cliquer sur l’image pour voir et écouter les Browns.

The Browns 01

En préparant cet article, je suis tombé sur cette autre vidéo

Cliquer sur l’image pour voir et écouter les paroles de cette chanson

The Browns 02

qui m’a fait instantanément penser à ce minuscule village de Sutherland Springs au Texas, à peine plus grand que Mill Fork dans l’Utah.

400 habitants

28 morts

20 blessés

Pour qui n’est pas ici, aux Etats Unis, mes associations d’idées peuvent sembler curieuses et difficiles à suivre. Pour la France, Sutherland Springs n’est qu’un nom qu’on oubliera très vite, si on le retient un jour.

Nous vivons ici. Pas au Texas bien sûr mais en Utah.

Néanmoins, nous, nous avons une idée de ce que peut être une de ces minuscules bourgades, perdues au milieu de rien. Et ça change les choses.

Une minuscule communauté.

Chacun pensait, ou voulait penser que ces tueries ne pouvaient toucher que des grands centres.

Faux.

N’importe quel endroit peut devenir une cible.

Nous vivons là. Ca fait une grosse différence.

Et comme prévu, les autorités se sont mises en prières, ont présenté leurs condoléances. Et le Président…

Le Président a déclaré très vite que les armes n’étaient pas en cause, que c’était l’acte d’un fou.

Comme prévu, les drapeaux sont en berne, descendus à mi-mât.

L’Amérique pleure ses morts.

Elle se remettra.

Jusqu’à la prochaine tuerie.

Pauvre Amérique.

Un si formidable pays. Vraiment.

Et nous…, nous pleurons l’Amérique. Elle vaut mieux que ça.